Retour sur le stage cascade de glace organisé du 4 au 7 février 2021 par la Ligue

Du 4 au 7 février 2021, la Ligue Ile-de-France de la FFME organisait un stage d’initiation/perfectionnement à la cascade de glace dans le pays d’Oisans.

Ce stage était encadré par Thierry Serin, Frédérique Charles et Frédéric Legendre, tous les trois initiateurs alpinisme de la Ligue. Les trois heureux stagiaires étaient François, Nicolas et Vincent.

Les conditions pour la cascade étaient loin d’être les meilleures en ce début février puisqu’à l’arrivée sur Grenoble le thermomètre annonçait 18°C, soit le printemps en hiver… Autant dire que les glaçons étaient en train de fondre comme neige au soleil !

C’est donc avec prudence que le groupe s’est tourné vers les cascades de l’Alpe d’Huez situées à une altitude permettant un maintien « à peu près en condition ». C’était le bon choix puisque l’état des deux grands itinéraires de ce spot, Ice Bille et Légende d’Automne, était finalement assez correct.

Pendant 2 jours, nos trois stagiaires ultra motivés ont pu se perfectionner dans le maniement des pioches et des crabes dans des voies en moul et en tête avec une glace tantôt péteuse, tantôt sorbet…

Le dernier jour du stage, la fameuse tempête de sable du Sahara s’étant abattu sur la région, nous avons profité de ce moment sans grimpe pour s’exercer à la recherche DVA, au pelletage et à la simulation d’enfouissement sous avalanche… Tout cela dans une ambiance martienne !

Un grand merci à François, Nicolas et Vincent pour leur bonne humeur de tous les instants, leur motivation et leur écoute attentive. Un beau stage qui a fait du bien dans cette période particulière !

Et en bonus, le point de vue de notre stagiaire Vincent ! 🙂

On est parti… on va prendre un peu l’air… sortir, s’oxygéner, bouger…
On est mercredi 3 février, la semaine précédente on a eu une bonne nouvelle. On échappe au re-confinement, ce sera juste un couvre-feu à 18h00. On peut sortir ! Sortir… un bol d’air frais… faut en profiter.
On prend la route, direction la montagne, celle où il fait froid de préférence, c’est pour de la cascade de glace ! On s’installe à Venosc, dans l’Oisans (38). On est assuré de trouver un spot pour grimper, même si on est en pleine période de redoux.
J’ai hâte ! hâte de rechausser les « grosses », de préparer mon sac, de tout mettre dedans, la Gore-Tex, la doudoune, les crampons, les piolets traction, les gants, le casque, une corde, une pelle, une sonde, le casse-croute, la thermos,… et pester parce qu’il est trop lourd. Je commence à avoir un peu d’expérience mais malgré ça, je trimballe encore trop de choses. Des choses de confort, des choses en double « on sait jamais », mais ça vient. Petit à petit au fil des courses, le sac s’allège. J’ai encore relu récemment « un bon sac, ce n’est pas quand il n’y a plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à retirer ! » (à lire sur https://www.montagnes-magazine.com/pedago-7-astuces-faire-sac-alpi-porter-moins-lourd).
De l’expérience, justement, je suis venu en chercher. C’est un stage « Niveau 2 » (« progression »). Objectif « approfondir les connaissances acquises lors de séances d’initiation et progresser vers l’autonomie en cascade de glace ». Parfait ! J’ai trois sorties à mon actif (quelques moulinettes, et quelques longueurs grimpées en flèche derrière le Leader), et je recherche justement cette progression vers l’autonomie.

Première journée, on se remet vite dans l’ambiance. 3 encadrants pour 3 stagiaires, c’est confort !
La cascade est équipée rapidement, première grimpe en moulinette. Ça passe nickel. Les crampons tout neufs de la ligue (merci la ligue !) accrochent du tonnerre, totale confiance sur les pieds. Je fais la deuxième voie en tête avec les broches déjà posées. Avant de rentrer, on anticipe sur le lendemain. Y’aurait pas mieux un peu plus loin ? On se dirige vers une autre cascade pour constater que le choix est bon. Plus grande, plus jolie !
Encore un peu de temps avant de redescendre, on bricole au pied de la voie… on apprend (ou on révise selon chacun) pose de broches, comment on construit un relais ? comment on fait un Abalakov ?…

Deuxième journée, l’approche parait moins longue aujourd’hui, question de routine certainement. Je continue dans ma progression sur une première longue voie grimpée en flèche derrière Thierry, qui est monté très haut. La corde de 60 m est déroulée quasi en entier. L’exercice est tout trouvé : gestion de l’endurance, du rythme, des repos. Encore une fois nickel ! Totale confiance. Je suis ravi d’être aussi performant malgré le peu de pratique en ce moment. Bon ben, « y’a plus qu’à »… Plus qu’à quoi ? Ben grimper en tête comme un grand ! Allez go, passe-moi des broches… Je monte en tête, je pose mes premières broches, tout va bien. On la joue « safe » quand même. Je passe à proximité des broches déjà posées par nos encadrants, et je m’en sers, on n’est jamais trop prudent. Je broche main droite, main gauche, position confortable, moins confortable… Grimpe en tête validée !

Samedi… trop de vent. Le sirocco souffle, colore le ciel en orange et dépose sur la neige du sable façon omelette norvégienne. Ce n’est pas prudent de grimper aujourd’hui. Mais ce n’est pas du temps de perdu pour autant. Nivologie, simulations de recherche de victime d’avalanche avec DVA, pelles et sondes au pied des voies occupent notre dernier jour sur place.

Mes partenaires de stage François et Nicolas ont eux aussi profité de ce stage pour progresser.
Objectif rempli = stage réussi !

Frédérique, Frédéric et Thierry, merci. On repart quand vous voulez !

Vincent S – stagiaire (ASPALA Escalade Antony)

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